Oratorio De Noel Michel Tremblay Critique Essay

création de Michel Tremblay
mise en scène de Serge Denoncourt

avecRaymond Bouchard, Kim Despatis, Johnatan Gallant, Maude Laurendeau, Pierre-François Legendre, Gabriel Lessard, Ginette Morin, Marie-Chantal Perron, Meggie Proulx Lapierre, Monique Spaziani

« Ce n’est que par la mémoire que nous sommes un même individu pour les autres et pour nous-mêmes. »
Diderot

Que se passe-t-il quand notre mémoire flanche? Comment ne pas paniquer quand, comme Noël, on tombe subitement dans des trous pour en ressortir tout à coup sans s’en rendre compte?

Noël est aux prises avec une maladie qui peut durer longtemps, des années même, une maladie qui fragilise sa mémoire, qui estompe ses repères, qui le prive par à-coups du contrôle de ses émotions.

Mais au moment où nous lui rendons visite, sa maladie n’est pas encore à un stade avancé. Lucide, il va nous raconter ce qu’il ressent, avec sérieux, mais aussi très souvent avec humour. Nous allons partager avec lui le moment présent et les souvenirs encore précis de sa vie passée.

L’Oratorio de Noël, du grand Tremblay, solide, efficace, lucide et généreux. Une incursion courageuse dans un univers où l’ombre et la lumière se livrent un combat de tous les instants.

 

Décor : Guillaume Lord
Costumes : François Barbeau
Éclairages : Martin Labrecque
Bande sonore : Francis St-Arnaud
Accessoires : Normand Blais

Assistance à la mise en scène : Suzanne Crocker

Texte

Michel Tremblay

L’œuvre magistrale de Michel Tremblay comprend 28 pièces de théâtre. On compte plus de 2 000 mises en scène de ses œuvres un peu partout dans le monde! Peu de plumes auront marqué le paysage littéraire et théâtral — d’ici et d’ailleurs — comme celle de Michel Tremblay depuis près de cinquante ans. DUCEPPE suit passionnément le travail du dramaturge depuis de très nombreuses années. Plusieurs œuvres majeures ont été créées sur ses planches, dont Fragments de mensonges inutiles, présentée en 2009 en première mondiale. À toi, pour toujours, ta Marie-Lou, Le Gars de Québec, Bonjour, là, bonjour, Le vrai monde ? Les Belles-Sœurs, La Maison suspendue, L’Oratorio de Noël et Encore une fois, si vous permettez ont également ponctué le parcours de la compagnie. L’œuvre de Michel Tremblay comprend aussi 28 romans, 5 recueils de récits autobiographiques et 1 recueil de contes, 7 scénarios de films ou de télévision, 1 livret d’opéra, 1 cycle de chansons et 2 comédies musicales ainsi que les paroles d’une douzaine de chansons. Michel Tremblay a été honoré de plus d’une soixantaine de prix, mentions et honneurs au cours de sa carrière. Nommé Chevalier de l’Ordre national du Québec en 1991, il recevait la Médaille de la Révolution tranquille en 2011, puis la Médaille d’honneur de l’Assemblée nationale, en 2012. En France, il est promu au grade d’Officier de l’Ordre des arts et des lettres en 1991 et décoré Chevalier de la Légion d’honneur en 2008. Tout récemment, il fut le récipiendaire de deux prestigieuses récompenses littéraires reconnaissant l’ensemble de son œuvre : le prix Prince Pierre de Monaco ainsi que le prix Gilles-Corbeil de la Fondation Émile-Nelligan. Il a aussi été nommé ténor du Salon du livre de Montréal, un honneur unique pour cette 40e fête du livre. L'automne 2017 marque aussi la sortie de son tout nouveau roman Le peintre d’aquarelles.   (Crédit photo : Tony Hauser)

Mise en scène

Serge Denoncourt

Depuis maintenant près de trente ans, Serge Denoncourt réalise, année après année, un travail créatif hors du commun. Tchekhov, Molière, Brecht, Miller, Goldoni, Williams, mais aussi Michel Tremblay et Michel Marc Bouchard, Denoncourt a signé des mises en scène marquantes, des plus grandes œuvres d’ici comme d’ailleurs. Chez DUCEPPE, on se rappellera Le Chemin des Passes-Dangereuses de Michel Marc Bouchard, La Grande Magia d’Eduardo de Filippo, Rien à voir avec les rossignols de Tennessee Williams, Une journée particulière d’Ettore Scola, L’Habilleur de Ronald Harwood et La Leçon d’histoire d’Alan Bennett. Remarquables également, Je suis une mouette (non ce n’est pas ça), une coproduction Théâtre de Quat’Sous et du Théâtre de l’Opsis qu’il a conçu et mise en scène en 1999 ainsi que La Cerisaie de Tchekhov, une coproduction du Théâtre de l’Opsis et du TNM. Depuis 2000, il a signé la conception et la mise en scène de plusieurs spectacles d’Arturo Brachetti et en 2002, il recevait le Masque du public Loto-Québec pour son travail pour Les Feluettes de Michel Marc Bouchard présentée à l’Espace GO. En 2008, il réalise pour le Cirque du Soleil un spectacle mettant en vedette l’illusionniste Criss Angel à Las Vegas. Il signera ensuite le fabuleux Fragments de mensonges inutiles de Michel Tremblay chez DUCEPPE. Il dirige, en 2010, Le blues d’la métropole, une comédie musicale d’après l’œuvre du groupe Beau Dommage et met en scène Il Campiello de Goldoni pour le Théâtre de l’Opsis. En 2011, il présente GRUBB (Gypsy Roma Urban Balkan Beats) , un spectacle musical qu’il a créé avec une vingtaine de jeunes Roms serbes; une aventure humanitaire et artistique unanimement saluée. Il réalise aussi son Projet Andromaque à l’Espace GO, puis revient chez DUCEPPE pour créer L’Oratorio de Noël de Michel Tremblay. En 2012 et 2013, en plus d’amener Thérèse et Pierrette à l’école des Saints-Anges de Tremblay chez DUCEPPE, il y dirige Le Diable rouge d’Antoine Rault et signe la création de Christine, la reine-garçon de Michel Marc Bouchard au TNM. Lors de la saison 2013-2014, il monte Rouge de John Logan au Théâtre du Rideau Vert, s’attaque au Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand au TNM et met en scène le Komedy Majik Cho des Productions Juste pour rire. Finalement, au printemps 2014 chez DUCEPPE, il ancre avec brio Les Liaisons dangereuses de Christopher Hampton à l’époque New Look de Dior… Les projets s’accumulent pour Serge Denoncourt; les réussites tout autant.

Critiques et commentaires

Les critiques

« Une pièce très très touchante où Raymond Bouchard est fabuleux… Un très bon texte, solide… un théâtre d’humanité… »
C’est bien meilleur le matin, Première Chaîne

« C’est un spectacle que je considère important… Raymond Bouchard, quel panache! »
On aura tout vu, 98,5 FM

« Raymond Bouchard, criant de vérité […] est digne de mention. Il joue son jeu à la perfection. »
Le Journal de Montréal

« Michel Tremblay nous offre un témoignage touchant… mise en scène simple, efficace et rythmée… Marie-Chantal Perron est solide… Raymond Bouchard compose un Noël complexe, rempli de sensibilité, de colère et de rage trop longtemps refoulées. »
montheatre.qc.ca

« Monique Spaziani et Ginette Morin sont impeccables… »
nomag.ca

Les commentaires du public

« Touchant. Va droit au cœur. Bouleversant. »

« Super bien! J’ai travaillé pendant 28 ans dans le domaine hospitalier et c’est très bien joué. Extraordinaire! Bravo! Bravo! »

« Apporte une grande réflexion. Donne une compréhension de la maladie. Importance de vivre le moment présent. »
Pierre et Francine Loiselle

« Raymond Bouchard est émouvant du début à la fin. Cette pièce vise le cœur. »
Jean Massicotte

« Extraordinaire! Du vrai Tremblay. Du bon théâtre. »
Johanne et Michel Côté

« Belle performance de tous les acteurs. Quelle complicité entre eux. Quelle mise en scène bien organisée, je dirais même orchestrée. Bravo! »
Lise L’Heureux

« Raymond Bouchard : magistral! »
Raynald Bordeleau

« Mise en scène extraordinaire. Belle façon de faire comprendre la maladie. Le jeu des comédiens est bien rendu. Bravo à Raymond Bouchard! »
Marie-Claude Ouimet

« Définitivement à voir! Un sujet très actuel, une performance d’acteur digne d’athlètes de haut niveau… quelle qualité! »
Nora De Lallaing

L’Oratorio de Noël sera présentée en tournée du 28 mars au 19 mai. En savoir +

Activités

Conférence : Maladie d’Alzheimer, lorsque toute la famille en souffre
en collaboration avec Les Belles Soirées de l’Université de Montréal
Avec :Sven Joubert, professeur au Département de psychologie de l’UdeM et Patrice Roy, présentateur du Téléjournal 18 h à Radio-Canada
Où? Pavillon 3200, rue Jean-Brillant à Montréal
Quand? Le lundi 13 février, de 19 h 30 à 21 h 30
En savoir plus

Causerie DUCEPPE en temps réel
Le mercredi 22 février, de 17 h à 17 h 45

Pour tout savoir sur les coulisses de la pièce L’Oratorio de Noël, avec le metteur en scène Serge Denoncourt et les comédiens Raymond Bouchard et Michel Dumont.
Où? Espace culturel Georges-Émile-Lapalme, devant l’entrée du Théâtre Jean-Duceppe
GRATUIT

Soirée-rencontre
Le
mardi 28 février, immédiatement après la représentation
Pour chacun des 5 spectacles de la saison 2011-2012, DUCEPPE propose à ses spectateurs d’échanger avec le directeur artistique Michel Dumont, le metteur en scène, les comédiens et les concepteurs du spectacle. Tout détenteur d’un billet pour cette production peut assister à la soirée-rencontre. Un moment privilégié à ne pas manquer.
Où? Théâtre Jean-Duceppe

PDA Junior : Le travail d’acteur selon Pierre-François Legendre
Le dimanche 11 mars de 12 h 15 à 13 h 15
Comédien et animateur vedette à VRAK.TV, Pierre-François Legendre a plus d’une corde à son arc! Lors de ce rendez-vous, il vous livrera son parcours scolaire et professionnel ainsi que sa vision du métier d’acteur. Découvrez ses techniques de jeu pour incarner son personnage dans la création de Michel Tremblay, L’Oratorio de Noël, au Théâtre Jean-Duceppe dès février 2012. Inscrivez-vous à cette rencontre intime et profitez des tarifs spéciaux « vous et votre ado » au 514 842-2112.
Où? Théâtre Jean-Duceppe
GRATUIT
Laissez-passer obligatoire disponible à la billetterie de la Place des Arts

Visite des coulisses, en compagnie de Michel Dumont
Jeudi 15 mars, de 17 h à 18 h 30
Cette rencontre en toute intimité est réservée aux abonnés de DUCEPPE.
Avec : le directeur artistique Michel Dumont et le directeur technique Vincent Rousselle.
Où? Théâtre Jean-Duceppe
Réservations : par téléphone, à compter de 10 h le mardi 7 mars, au 514 842-8194 (places limitées)

Calendrier complet des activités DUCEPPE proposées lors de la saison 2011-2012.

L’Oratorio de Noël sera présentée en tournée du 28 mars au 19 mai. En savoir +

Entrevues

Le 25 janvier
Avec Pierre-François Legendre
À l’émission Salut Bonjour
TVA

Le 29 janvier
Avec Pierre-François Legendre
À l’émission Tout le monde en parle
Radio-Canada

Le 2 février
Avec Pierre-François Legendre
Dans le magasine 7jours

Le 4 février
Avec Serge Denoncourt, Raymond Bouchard et Michel Tremblay
Dans Le Journal de Montréal

Le 4 février
Avec Serge Denoncourt et Raymond Bouchard
À l’émission Bouillant de culture
Radio Première Chaîne – Radio-Canada

Le 6 février
Avec Serge Denoncourt
À l’émission C’est bien meilleur le matin
98,5 FM

Le 8 février
Avec Serge Denoncourt et Raymond Bouchard
À l’émission Voir TV
Télé-Québec

Le 10 février
Avec Raymond Bouchard
Dans le journal 24 heures week-end/ICI

Le 11 février
Avec Michel Tremblay
Dans le journal La Presse

Le 11 février
Avec Michel Tremblay
Dans le journal Le Devoir

Le 12 février
Avec Michel Tremblay
Dans le journal Voir

Le 13 février
Avec Michel Tremblay
À l’émission Plus on est de fous plus on lit
Première Chaîne – Radio-Canada

Le 14 février
Avec Pierre-François Legendre
À l’émission Pour le plaisir
Radio-Canada

Le 14 février
Avec Monique Spaziani
À l’émission Les Lionnes
Radio-Canada

Le 17 février
Avec Michel Tremblay
À l’émission Désautels
Première Chaîne – Radio-Canada

Le 18 février
Avec Michel Tremblay
À l’émission On aura tout vu
98,5 FM

Le 22 février
Avec Pierre-François Legendre
À l’émission C’est Extra
V télé

En février
Avec Serge Denoncourt
Dans le magasine Être

L’Oratorio de Noël sera présentée en tournée du 28 mars au 19 mai. En savoir +

Cruciverbistes, à vos crayons

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Exposition de la Société Alzheimer

Bienvenue à la Société Alzheimer et à son exposition

Souhaitant prolonger la réflexion autour de L’Oratorio de Noël, DUCEPPE a le plaisir d’accueillir les Sociétés Alzheimer de Montréal, de Laval et de la Rive-Sud. N’hésitez pas à leur rendre visite à la table d’information située dans le hall du théâtre, vous pourriez remporter des billets de théâtre!

Vous découvrirez également une exposition d’œuvres réalisées par des personnes atteintes.

L’Oratorio de Noël sera présentée en tournée du 28 mars au 19 mai. En savoir +

Complément - pièce

Ai-je été celui que je pense avoir été?

Faut-il se souvenir pour savoir qui l’on est? Faut-il entendre la voix de l’autre nous raconter pour reconnaître qui l’on était et ce qu’on est devenu? Et si nos réminiscences s’entremêlaient soudainement les unes dans les autres, que notre mémoire s’échappait, s’absentait, se taisait? Si les souvenirs, tels les maillons d’une chaine défectueuse, se désagrègent un jour pour ne laisser la place qu’à un immense trou béant, une confusion complète, que reste-t-il de la personne que nous sommes?

Ce sont, entre autres, ces questions que la nouvelle création de Michel Tremblay explore avec le doigté et la finesse propres au célèbre dramaturge québécois. D’une humanité et d’une émotivité déconcertantes, l’auteur nous plonge là où plus rien n’est certain. Là où les repères se perdent et la vie, telle qu’on l’a connue, s’efface peu à peu. Là où la maladie d’Alzheimer prend l’homme en otage. De main de maître, Michel Tremblay nous convie à cet instant crucial et ô combien touchant de la vie de Noël, alors que ce dernier regarde le rideau de sa vie tomber lentement, tout doucement.

*****

Orchestrer la nouvelle musique de Tremblay

Mon entretien avec Serge Denoncourt a lieu dans la salle de répétition chez DUCEPPE, un peu de temps avant que ne débute sa séance de travail avec les comédiens de L’Oratorio de Noël de Michel Tremblay. Les quelques minutes d’avance avec lesquelles j’arrive à notre rendez-vous me permettent d’assister aux derniers moments d’une importante réunion de production. Discrètement, j’entre dans la pièce et saisis quelques bribes de conversations : on entend notamment des échanges stimulants sur les costumes, l’éclairage, la musique, les acteurs du spectacle. La parole passe d’un interlocuteur à l’autre, enrichissant graduellement une idée, confirmant une décision. Serge Denoncourt exprime ses choix, ses souhaits, ses attentes. Son discours est inspirant, sa vision semble claire. Une fois la réunion terminée, alors que l’équipe quitte la grande table, l’atmosphère est hyperactive, stimulante. Les gens repartent avec devoirs, tâches et idées plein la tête. Il règne dans la salle une effervescence qui ne nous étonne pas. Il s’agit après tout d’un spectacle dirigé par Serge Denoncourt, un artiste volubile, efficace et passionnant qu’on écouterait pendant des heures parler de sa pratique du théâtre.

L’homme de scène n’en est certainement pas à sa première incursion dans l’univers du célèbre dramaturge québécois. Rappelons la création de Fragments de mensonges inutiles qu’il a brillamment signée chez DUCEPPE en 2009 ou encore celle de l’adaptation de Thérèse et Pierrette à l’école des Saints-Anges. Lorsque Denoncourt aborde l’œuvre de Tremblay, une fusion entre leurs deux imaginaires respectifs semble s’opérer tout naturellement, comme si l’univers de l’un était parfaitement compatible avec celui de l’autre. Serge Denoncourt explique : « Je ne dis pas que je monte Michel Tremblay mieux que d’autres, non. Mais je connais profondément son œuvre, son univers, ses références. L’écriture de Tremblay résonne en moi puisque j’ai passé ma vie à la côtoyer comme lecteur, spectateur puis comme artiste. Je dis toujours que je rentre à la maison à chaque fois que je travaille sur l’un de ses textes. »

Nouveaux horizons

Toutefois, cette connaissance approfondie ne garantit aucun acquis. En effet,  L’Oratorio de Noël, nouvelle pièce que Denoncourt qualifie de « grand cru », comporte de multiples défis et nouveautés. « Cette pièce nous amène complètement ailleurs », explique-t-il. « Nous ne nous situons aucunement dans la généalogie de Tremblay : du nouveau monde, de nouveaux personnages entrent en scène. Nous ne sommes pas sur le Plateau ni dans Outremont ni le Centre-Sud, mais bien à Ville Mont-Royal. De plus, on aborde la maladie comme thème principal, chose que Tremblay a très peu faite à ce jour. » Le défi de la création est ainsi d’autant plus grand puisque l’équipe ne dispose d’aucun référent. « Personne ne sait qui sont ces personnages. Nous sommes en train de les inventer! »

Si la création d’une nouvelle pièce de théâtre est stimulante, le metteur en scène avoue également que l’expérience peut être tout aussi angoissante. « Lorsqu’on monte La Mouette de Tchekhov, on sait que la pièce est bonne. Si le spectacle est mauvais, c’est de la faute du metteur en scène. Étrangement, c’est plus sécurisant ainsi! Lorsqu’on crée une pièce, on sait que notre mise en scène déterminera d’une certaine façon son sort. Est-ce que nos erreurs feront en sorte qu’elle sera considérée mauvaise? Est-ce que nos bonnes idées la feront passer à l’Histoire? »

Donner vie à la partition

Comme le laisse présager son titre, le texte de L’Oratorio de Noël est empreint d’une musicalité, d’un rythme bien défini. Le metteur en scène dit avoir été particulièrement épaté par cette partition musicale intrinsèque au texte : « Les pièces de Michel Tremblay que j’ai montées ont toujours eu cette sorte de musique qui influence énormément l’interprétation des acteurs et la mise en scène. Il faut comprendre les notes, les temps, les silences, les grandes envolées et les sourdines. Sinon, ça ne fonctionne tout simplement pas.» Il affirme même que le travail qu’il réalise sur les pièces de l’auteur n’est pas sans rappeler celui qu’il a signé à l’opéra. « Chaque instant compte. Le moindre mot, le moindre souffle a sa place dans l’ensemble de la partition. »

L’acteur, d’abord

Au centre de L’Oratorio de Noël, il y a bien sûr des acteurs. Ces gens que Serge Denoncourt aime tant diriger. Si l’artiste a signé des spectacles d’immense envergure, comme celui de l’illusionniste Criss Angel à Las Vegas ou encore celui d’Arturo Brachetti, il affirme préférer de loin travailler dans une forme théâtrale plus pure. «  Je suis plus heureux dans une salle de répétition, avec des comédiens qui construisent leur personnage. On est loin du show-business, des artifices », dit-il. C’est à Raymond Bouchard, incontournable figure du paysage artistique québécois qui réinvestit les planches après près de dix ans d’absence, qu’il revient d’interpréter le personnage éponyme de la pièce. « Ma plus grande fierté de l’année », confie Serge Denoncourt, « est d’avoir pu offrir un grand rôle de théâtre à Raymond Bouchard, dans une création de Michel Tremblay. » Le metteur en scène se dit d’ailleurs complètement subjugué par l’intensité avec laquelle travaille le comédien et par la qualité de son interprétation. « Il faut voir ce que Raymond est en train de faire avec le personnage de Noël : c’est tout simplement bouleversant. »

À la toute fin de l’entretien, l’attention de Serge Denoncourt se dirige rapidement vers la salle de répétition. Raymond Bouchard vient tout juste d’arriver et répète déjà les répliques qui seront enchaînées aujourd’hui. Le metteur en scène se lève, le sourire aux lèvres et le regard plein de hâte d’aller retrouver son équipe avec laquelle, soupçonne-t-on, il crée des instants de théâtre inoubliables.

 

 

Bio des comédiens

Les comédiens

Raymond Bouchard
Théâtre : Douze hommes en colère; Le vrai monde?; Othello; Dom Juan
Télévision : Casino; Annie et ses hommes; Mauvais Karma; Tranches de vie
Cinéma : La Grande Séduction; La vie avec mon père; Funkytown
Dernière présence chez DUCEPPE : Bluff

Kim Despatis
Théâtre : Solstice; Contre le temps; Pinocchio; La baby-sitter; 3 fois passera; Peanuts
Mise en scène : La baby-sitter
Première présence chez DUCEPPE

Johnatan Gallant
Théâtre : Crises; Psyché
Mise en scène : Délires; Les femmes de bonne humeur; Fando et Lis
Télévision : Providence; C.A.; Penthouse 5.0; Toute la vérité; Les Boys
Websérie : Les Motst’asdits (coscénariste et comédien)
Prochainement : Les Êtes-anges (websérie)
Première présence chez DUCEPPE

Maude Laurendeau
Théâtre : Théâtre Extrême; La cousine Germaine; Sexy Béton
Télévision : Pure laine; L’Héritière de Grande Ourse; Nos étés; Yamaska
Cinéma : Babine
Prochainement : Vertige (à Séries+); Ésimésac (cinéma)
Première présence chez DUCEPPE

Pierre-François Legendre
Théâtre : Bar; Boeing Boeing; Le bruit et la fureur; Lentement la beauté
Télévision : Les Invincibles; Il était une fois dans le trouble; Rock et Rolland
Cinéma : La peur de l’eau; Cabotins; Horloge biologique; Bluff; Québec-Montréal
Mise en scène : Comme du monde (nouveau spectacle des Denis Drolet)
Première présence chez DUCEPPE

Gabriel Lessard
Théâtre : Yvonne, princesse de Bourgogne; Kick; Mycologie; Qu’est-ce qui reste de Marie-Stella
Télévision : Toute la vérité
Cinéma : Les amours imaginaires; Bordeline
Danse : La pornographie des âmes; Un peu de tendresse, bordel de merde
Dernière présence chez DUCEPPE : Fragments de mensonges inutiles

Ginette Morin
Théâtre : Catoplébas; Le petit Köchel; Les Reines; Le Sang des promesses
Télévision : Sous un ciel variable; La Promesse
Cinéma : Ti-mine, Bernie pis la gang; Cœur de nylon; Lost Song
Dernière présence chez DUCEPPE : Je veux voir Mioussov

Marie-Chantal Perron
Théâtre : Ruines; Le Déni; Petit déjeuner compris; La Mémoire de l’eau; Le vent et la tempête
Télévision : Destinées; Les Rescapés; Les Parent; Le Gentleman; Nos étés; Histoires de filles
Cinéma : Babine; Bordeline; Le secret de ma mère; L’incomparable Mademoiselle C
Designer : créatrice de Dandine
Dernière présence chez DUCEPPE : Match
Prochainement : Ésimésac (cinéma)

Meggie Proulx Lapierre
Théâtre : Peter Pan; Médée
Télévision : 30 vies; 19-2
Première présence chez DUCEPPE

Monique Spaziani
Théâtre : Contre le temps; Toxique ou L’incident dans l’autobus; Une maison propre; Le Bourgeois gentilhomme
Télévision : Apparences; Les Poupées russes; Ces enfants d’ailleurs
Cinéma : French Immersion; J’ai tué ma mère; Les pieds dans le vide; Les portes tournantes
Prochainement : Vertige à Séries+
Dernière présence chez DUCEPPE : Minuit chrétien

 


J. F. Mamjjasond & Fafnir Finklemeyer, Hoptime, Sagging Meniscus, 2017.




Hoptime is what happens when sentences stretched to the end of their lexical tethers snap and collide, whipping up a brutal cyclone of flailing vowels and consonants, clauses and pauses, spaces and punctuation. The result is an irrepressible whirligig of manic comic nonsense, vibrantly warped, lovingly perverse, and heartwarmingly bonkers, in three wholly unnecessarily separate parts for your maddening pleasure. To summarise: the first section ‘Silt Waffles’ handles the spindled oligopoly in the ever-thickening pigpen of tomorrow, with extra marshmellows and pomegrante gumdrips to accommodate your wimples. The section second, ‘Unidentified Signal’, copes with your loosened trews on a winter’s clay, and somewhere in the thicket a tarantula escapes across a broad-shoed hobonanny. And finally, ‘Idylls of the Chicken’, which is there. Like me, read a little Hoptime between books, and the pleasure of words in permanent splatter will improve your mood twentyninefold.

Plotless, absurd, nonsensical, arbitrary, silly, mad, ribald, noisy, violent, despairing, obscene, drug–addled, revolting, and hilarious, J. F. Mamjjasond and Fafnir Finkelmeyer's HOPTIME is both an insult to the very idea of a novel and an uncanny magnification of it. In the words of Finkelmeyer, it was for its authors a "kind of scripture" and "something fateful and necessary"; "it was a way," he writes in the Foreword to this edition, "for the two of us to love each other in the only way we could, willingly and totally entwined in each other's foolish, ugly, wise and beautiful fantasies, which we heard, supported and forgave." In the end, this colorful romp of two outrageous souls lost together in a sort of infinite poetic and imaginative wilderness is not only explosively funny, but moving; the reader, too, is freed into the intimacy and deep silence of a vast inner space, and finds in that solitude one is not alone.

“In the tag-team double play of Hoptime, language is a virus, all the world’s a plague, and what doesn’t kill you makes you stranger.”—Doug Nufer


“Plotless, depraved and mostly incoherent, Hoptime is inherently impossible to characterize, but I’ll give it a shot: imagine cramming Finnegans Wake, Naked Lunch and the collected works of Monty Python into a paper shredder, and then hiring two stoned grad students to transcribe the result. Chapter after chapter oozes with smug literary allusion, compulsive wordplay, pop culture irreverencies, Swiftian obsessions with excreta and orifices, and deranged syntactical constructions that squirm and flail like a bucket of live eels unceremoniously dumped into a deep fryer. Perhaps most unsettling of all are the crystalline fragments of beauty and hilarity that momentarily float to the oily surface only to be sucked back down into this churning cesspool of Rabelaisian logorrhea. What’s it about? I have no idea. I think there’s a bunny in there somewhere. I sincerely hope that Hoptime will one day be required reading for high school students across the nation.”–Tyler C. Gore

Foreword

Although J. F. Mamjjasond and I began work on Hoptime in a square-lined composition book which contains on its first page another unrelated Krinstian fragment, it was viewed by us almost immediately as a “work of some length” with a place outside of, if aligned with, the traditional Krinstian canon. For us, its truest and perhaps only appropriate audience, it had and required no title; it was called simply, and as much reverently as mockingly, The Book. When it was time to unveil a part of it on the Institute of Krinst Studies website, the name Hoptime was chosen (from Frog’s line in Chapter XI, “It’s hop time for yours truly"). As I think we were both well aware, giving it a name was in some sense an act of desecration, as for us The Book was a living thing and not an object: intensely profane, horrifying, unrelentingly sophmoric, a work of folly and vice for which no apology or justification could ever suffice, but still a kind of scripture. And yet the temptation to reify it and name it, to present it as if it were a literary accomplishment, as I am now doing, was strong and also an inherent part of its frame. That the book utterly fails to meet the criteria necessary to be any adequate or coherent thing, and yet must be something regardless, is an essential part of its identity, and part of why it could play such a vital and intimate role for its creators.
For a period of several years, we met every few days, and for some intensive periods, daily, sometimes in motels while travelling, to write together in the graph paper notebook, printing in block letters with ink. The paper was thin and the pages took on a palimpsestic appearance as writing from the other side shone through. Despite writing in capital letters, our handwritings were distinct enough that I can still tell who wrote what, although that can usually be determined by the content and style as well.
The rules for composition were simple but strict. Intoxication with marijuana was de rigeur (despite a brief dalliance with sobriety towards the end of the second notebook, which did not really feel right). After smoking, we sat in silence near each other in intense, if narcotically altered, concentration, and took turns continuing what had just been written by the other, passing the book back and forth often without looking at each other. Sometimes we would come out of a reverie to notice that the book and a pen were held outstretched by the other’s hand towards us, the other’s face looking away into the distance. We were not allowed to change what the other had written, and could only append new text at the end, of any length, long or short. Sometimes in a turn one of us might add just a single word or a character (a period, say), or he might add half a page. A typical entry would be three or four lines. Whether to finish a chapter was likewise a decision made by whomever held the pen at that moment. Very often the book would be handed back with the text ending in the middle of a sentence that demanded completion; equally often it would be returned with a continuation that changed the direction implied by what preceded it. Part of the process was accepting the frustration of the mischievousness of the other.
When the evening was complete, two or three pages may have been filled in, and they would be read aloud. Then we would part.
I don’t know exactly when we started the project. Neither of us thought to date the manuscript at the beginning; towards the end of the second volume, when we met irregularly, we did begin that useful but self-conscious practice. But work must have begun in 1990 or 1991, and most of the first volume was written in the first couple of years, before I moved from New Jersey, where we both had lived, to Upper Manhattan. By 1994, most of the second volume was done, but from now on the pressures of life and work made our meetings increasingly infrequent. The last dated entry in the second volume is April 8th, 2000, shortly before J. F. moved to San Diego. We met only once after that, in California in 2001, but were not able to write on that occasion. For a brief period we did pick up writing in a similar way online, but it was a less satisfying experience and not much was done. I include that document here as a kind of postlude.
For the two of us, I feel that the Book was a kind of imaginary life we had together. It was a life of great intimacy and a kind of chromatic and emotional repleteness, even if it consisted primarily of childish play. That this intimacy was predicated on something absurd and impossible did not make it any less precious. I know that we both took it seriously as something fateful and necessary. And so, despite everything about the artifact that resulted that is unacceptable and embarrassing – the repudiation of form and sense, the sexual violence, the forced vandalizing purplization of any poetic impulse – I claim for Hoptime a special place in the world, not only because it has in fact some inherent virtues in the small – its poetics sometimes strikes home, and I can never read it without laughing uncontrollably – but more importantly, because it was a way for the two of us to love each other in the only way we could, willingly and totally entwined in each other’s foolish, ugly, wise and beautiful words and fantasies, which we heard, supported and forgave. Perhaps the sympathetic reader will feel the spirit of this rapport beneath the noisy surface of this cast-off part of a living thing, this enormous and dreadful basilisk skin.
J. F. Mamjjasond died of pancreatic cancer in 2014 at the age of forty-nine. None of his old friends knew that he was dying; only one knew that he was sick, but he did not know how seriously. Neither did J. F., it seems; when a doctor finally explained that he could not hope to recover, he became so upset that he had to be physically restrained. A few hours later, he was gone.
We spoke rarely after he moved and I had not spoken to him for months when he died. We were both rather depressed and unsatisfied with life, and reluctant to make each other feel worse. Having shared a pipe and a quill with him, twenty years and more ago, leaving these traces behind, is not one of my regrets.  Fafnir Finkelmeyer, December 29, 2014  - www.saggingmeniscus.com/catalog/hoptime/foreword/

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