Dissertation Sur Le Dialogue Argumentatif

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R. – Tu comprends, moi, j’ai besoin de m’évader un peu de mon quotidien ! Il me faut un personnage hors norme, à la destinée exceptionnelle, pour lequel j’éprouve de l’admiration. Peu importe qu’il réussisse dans le bien ou dans le mal, mais qu’il réussisse ! Tu vois, je peux me passionner aussi bien pour Kyo qui, dans La Condition humaine, se sacrifie pour sauver la vie de deux jeunes révolutionnaires, que pour Raskolnikov qui veut éprouver les limites de sa liberté par la pratique du mal et la transgression de l’ordre moral. La vie est trop insipide, médiocre, décevante… Eux, ils sont exaltants, ils dépassent notre misérable condition humaine ! Ils me permettent de vivre une vie que je n’aurai sans doute jamais.

A. – D’accord, mais, moi, je n’arrive pas y croire, à ces personnages exceptionnels ! Quand je lis un roman, mon plaisir, c’est de pouvoir entrer dans la vie du personnage, même humble et médiocre. Et, en fait, je me sens plus proche de quelqu’un d’ordinaire, d’imparfait que de ces héros dont tu parles, gâtés par le sort. Par exemple Meursault, tu sais, l’Étranger ? Hé bien, il ressent des émotions dans lesquelles je me reconnais : cette sensation que la vie n’a pas de sens, que l’on ne se comprend pas… tout cela me permet de m’identifier à lui. Il est humain, lui, pas surhumain ! Les super-héros, c’est bon pour les contes ! Un roman est censé me donner une vision de la réalité, pas d’un monde merveilleux. Je crois que c’est Zola qui disait – et je suis bien d’accord avec lui : « Le premier personnage qui passe est un héros suffisant. »

R. – Alors, là, non, je t’arrête ! Zola, non ! Il donne de la vie une image vraiment trop désespérante ! Rappelle-toi la mort – et la vie – de Gervaise ! Cela ne donne vraiment pas envie de s’identifier à elle ! […]

La forme argumentative a été utilisée par des auteurs et des philosophes différents et à des époques différentes. C’est un bon moyen de convaincre et de persuader, c’est une forme universelle qui perdure dans le temps. Elle est plus vivante qu’un essaie. C’est une forme simple, populaire qui suscite chez le lecteur une délibération critique.

La forme de dialogue argumentatif est-elle un bon moyen pour convaincre, persuader et susciter une délibération critique de la part du lecteur ?

Nous allons d’abord démontrer qu’il s’agit bien d’un bon moyen pour valider une proposition puis nous montrerons en quoi le dialogue argumentatif permet des thèmes importants et profonds et nous conclurons en montrant qu’il permet aussi d’abord des thèmes importants et profonds.

I/ Oui, le dialogue argumentatif est un bon moyen pour valider une proposition.

a) Convaincre par la raison.

*Dans le texte de Voltaire « le nègre », on voit que l’auteur cherche à convaincre par la raison lorsqu’il fait parler le nègre et que celui-ci répond avec une extrême sobriété et sans exagérer. Il ne fait aucune plainte sur sa situation misérable, ce qui nous pousse, les lecteurs, à avoir un sentiment de révolte à ce propos. Voltaire rajoute également les sentiments du nègre « Les chiens, les singes et les perroquets sont mille fois moins malheureux que nous » (l.25), cela ne fait qu’amplifier la raison que veut nous faire ressentir Voltaire.

*Sepulvéda, dans « La Controverse de Valladolid » de Jean-Claude Carrière, donnent des arguments qui jouent sur la raison, après que Las Casas avait voulu les comparer aux hommes en disant qu’ils étaient capable de penser, Sepulvéda annonça que « les animaux aussi souffrent » donc les Indiens restent aussi inferieur que les animaux, il donne des exemples pour éveiller la raison des moines. Il est raisonneur lorsqu’il fait référence à Satan pour comparé les Indiens, quand Las Casas dit qu’ils sont capable de penser et qu’ils sont donc humains, Sepulvéda réplique en affirmant qu’ils sont juste rusées, tout comme les renards et Satan, sa ne fait donc pas d’eux des êtres humains.

*Le Dr Bissei se montre aussi raisonneur sur sa fonction, son travail, il dit que son travail est de soigner et non pas de juger, même si la personne en mauvais état est un criminel. Il différencie la fonction de juriste et de médecin. Sa réaction est dites « humaniste ».

b) Persuader par les sentiments, les émotions.

*Dans le texte de Jean-Claude Carrière, Bartolomé de las casas cherche également à persuader par les sentiments et les émotions à travers son argumentation. En effet, il met en avant le fait que les Indiens soient capables de penser et de ressentir les choses, comme la souffrance et les émotions, et de juger une situation « Eminence, cela prouve […] qu’ils sont capable de penser ! De peser le pour et le contre ».

*Dans le texte de Diderot, le moi cherche à mettre en scène une situation forte, qui fait réfléchir le lecteur : si après l’avoir soigner, le criminel tuait aussitôt un ami du Dr Bissei ou un citoyen, comme le Dr Bissei réagirait-il ?

Ici il fait agir le sentiment de culpabilité, le regret, et même la haine.

Cette mise en scène justifie sa phrase où il dit « Et une très mauvaise action à faire » (l.12) en parlant du fait de soigner le criminel.

c) Susciter une délibération : confronter des thèses.

*Dans le texte « Les muses », Ronsard met en scène une confrontation entre deux thèses, la sienne et celle des Muses. Ce sont deux thèses totalement opposés, Ronsard se plaint du fait que le travail de composition n’apporte aucune réponse et transforme la vie en poussière alors que de l’autre côté les Muses sollicite une sorte de vie éternel après la mort, à travers ses poèmes. La où il devient persuasif, c’est qu’à la fin du texte, Ronsard rejoint la thèse des Muses et celles-ci en dégage même une appréciation positive « Voilà sagement dit » (l.29)

*Dans le dialogue entre Sepulvéda et Bartolomé, la confrontation des thèses de chacun est très vive puisqu’il s’agit d’un dialogue en même temps intégré dans un récit. D’un côté on a Las Casas qui cherche à faire comprendre et à convaincre que les Indiens sont des êtres humains et mérite d’être traités comme telle, il dénonce également les pratiques intolérable des colons espagnols à l’égard des Indiens et de l’autre côté nous avons Sepulvéda qui reprends les arguments de Las Casas en les contredisant par la logique, et cherche ensuite à en conclure que les Indiens ne sont pas des êtres humains. Ce qui rend ce dialogue vraiment très vivant c’est que à certains moments du dialogue, on croirait à un règlement de compte personnel entre Sepulvéda et Las Casas, jusqu’à en oublier la présence des autres moines.

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Le dialogue argumentatif reste un bon moyen pour valider une proposition à travers le fait de vouloir convaincre par tout les moyens possibles comme par la raison, les sentiments voir en confrontant des thèses. L’auteur utilisera ce type de dialogue dans le but de toucher le lecteur pour que celui-ci adhère à sa proposition.

II/ Le dialogue argumentatif est une forme plus vivante que l’essaie et s’intègre facilement dans différents genres.

a) Le poème

*Le texte de Ronsard reste un très bon exemple de l’argumentation dialogué dans un poème, C’est un poème qui se présente sous la forme d’une succession de quatrains et d’alexandrins, il s’agit en fait d’une suite de répliques de théâtre. Ronsard arrive très

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